De la magie...

Publié le par Elvire et les Charlottes

L'une des difficulté inhérentes aux univers imaginaires est la magie. Le bestiaire - l'utilisation des termes anges ou démons, par exemple, fortement liés à la mythologie judéo-chrétienne - peut poser problème : doit-on ou non inventer des mots? Si l'on utilise sans complexe "dragon", pourquoi lexclure les vampires ? J'ai l'impression d'avoir résolu ça, en prenant ce dont j'avais besoin au moment où j'en avais besoin, en inventant si nécessaire... et en évitant le mot vampire, non parce qu'il fait "tâche", mais parce que j'aurai une trop nette tendance à en faire les principaux personnages d'un récit où, au mieux, ils seraient considérés comme des bêtes à abattre.
Pour moi, la magie était autrement plus délicate à mettre en place. Comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi certaines personnes utilisent-elles des rituels, d'autres non ? Quels sont les pouvoirs exacts des sorcières du destin - et plus précisément, des Moires les plus puissantes d'entre elles ? Quelle est la différence entre les prêtresses (et prêtres) de la Lune et les mages ? Pourquoi la nécromancie est-elle acceptée ? Qu'est-elle exactement ? Pourquoi Tamino (Arachnae) commande-t-il aux spectres et non Angelo (Cytheriae) ? Pourquoi l'étude des "monstres" est-elle liée à la nécromancie, pas à la prêtrise ? Ce sont certes d'intéressantes questions, de celles qui mettent en jeu la compossibilité de l'univers, mais également des questions qui bloquent et empêchent l'écriture - d'une part, parce qu'à trop vouloir justifier le surnaturel, ça en devient franchement indigeste, d'autre part parce que... en littérature "blanche", les gens ne passent pas leur temps à expliquer ce qu'ils font. Un mathématicien connaît les arcanes de l'algèbre et quand il en parle, personne ne se demande comment ni pourquoi tant que cela sert le récit. Un jardinier cultive et hybride des roses ou des orchidées, chaque jardinier a sa manière de faire... et personne ne se pose plus de questions que ça (sauf s'il s'agit d'un thriller dans lequel ledit jardinier ferait pousser des roses en, les nourrissant du sang de ses victimes).
Voilà, à peu près, comment j'ai résolu mon problème : je ne passe pas trois heures à expliquer comment Angelo mâche son quignon de pain, je ne vais pas passer trois heures à expliquer le fonctionnement de la magie - elle fonctionne.
Ses nuances varient d'une personne à l'autre - elle s'adapte, d'une certaine manière.
Quant aux secrets des Moires... Si vous le voulez bien, je ne les dévoilerai pas tout de suite!

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Elvire 04/03/2010 12:20


J'adore ces petits posts. C'est super instructif par rapport à la conception d'une histoire !